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777 (#5) Les résidences - expositions de l'automne 2011
Cet automne, les artistes invités en résidence 777 au Château de Kerpaul par Sylvie Ruaulx et Christophe Cuzin sont Charles Belle, Chloé Dugit-Gros, Nathalie Leroy-Fiévée, Pierre Mabille et Édouard Prulhière. Ils ont tous quelque chose à voir avec la peinture…
Dans des pratiques artistiques et des démarches très différentes (que ce soit dans leur relation à l’abstraction, à la figuration, à l’expression ou dans leur rapport à l’image), de générations et de parcours personnels très divers, tous ont été invités à intervenir sur les murs, in situ dans le château ou dans son parc et ont réalisé une valise 777.
• Charles Belle
(né en 1956, vit et travaille à Tallenay, Doubs)


L’heure avant l’aube du jour suivant est toujours si cruellement noire
(Hubert Félix Thiéfaine)
Peinture murale acrylique, lustre, 2011 (salle à manger du manoir)
Photos : Chloé Dugit-Gros, Claude Doaré
Charles Belle a choisi d’intervenir à même les murs de la salle à manger chargée de lourdes boiseries bretonnes. Née de son observation de la nature et de ses promenades dans le parc, la peinture se développe sur l’ensemble des murs dans une harmonie de tons chauds, que réhausse encore le lustre réalisé par l'artiste. La feuille du figuier glanée dans le parc, joue le motif sur un fond jaune d’or. Elle suggère l’ombre sereine que dégage l’arbre si prisé des philosophes antiques et décline toute l’intensité de ses couleurs saison après saison.
• Chloé Dugit-Gros
(née en 1981 à Paris où elle vit et travaille)

Blasons
Tables découpées, 2011 (salon du manoir)
Photo : Claude Doaré

Sans titre
Vidéo coul. 7 min, 2011 (vidéoprojection, salon du manoir)
Extrait de la vidéo

Sans titre
Dessin au jet à haute pression, 2011 (parc)
Photo : Claude Doaré
Chloé Dugit-Gros a transformé pendant son séjour l’ancienne salle de classe en studio de tournage. La vidéo, issue de ses talents de prestidigitation, recycle les rebuts et les chutes de matériaux glanés à l’atelier comme sur le port, évoquant, en un petit théâtre des formes, la construction d’un tableau, d’une sculpture ou d’un paysage. Dans le château, ses «S» américains (issus des graffitis urbains singeant le dollar) découpés dans des tables d’atelier portant les traces d’une activité passée, sont accrochés au murs du salon comme de bien étranges blasons. Dans le parc, une dalle (qui auparavant supportait les tentes des colonies de vacances) se distingue des autres, arborant un motif de damier, réalisé simplement par la soustraction des feuilles et de la terre qui s’y étaient déposées.
• Nathalie Leroy-Fiévée
(née en 1971 à Cayenne, vit et travaille à Paris)


Sans titre
Peinture murale, acrylique, encre de sérigraphie, toile bisonne, coton, 2011 (chambre du second étage du manoir, vue d'ensemble et détail du plafond)
Photos : Claude Doaré
Nathalie Leroy-Fiévée a choisi d’investir une chambre du château dans sa totalité. Mansardée, dans des proportions qui rappellent le carré - figure et format chers à l’artiste - très lumineuse, la chambre invite à pénétrer dans le tableau. Jouant sur le blanc des murs (comme sur le support de la toile apprêtée), sur les placards, sur le couvre-lit en toile bisonne, les motifs et les lignes, en plusieurs nuances de jaune parfois à peine suggérées, conduisent le regard, passant du tableau au paysage, entre promenade et rêverie.
• Pierre Mabille
(né en 1958 à Amiens, vit à Fontenay-sous-Bois et travaille à Montreuil)


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Peinture murale, acrylique, 2011 (chambre du manoir avec l'œuvre "Les porte-monnaie" de Sylvie Ruaulx)
Photos : Claude Doaré
Pierre Mabille a choisi, et c’est une première, d’investir la chambre déjà « habitée » par l’œuvre de Sylvie Ruaulx intitulée « Les porte-monnaie ». En regard de l’œuvre, il a enveloppé l’espace d’une dominante colorée qui enregistre les lumières de l’après-midi et du couchant, le vert choisi répondant au rouge déjà présent. Sur les murs, la peinture complète la collection d’objets dessinant une nébuleuse de formes qui, comme un inventaire d’empreintes, de vestiges d’objets et d’outils fantômes, suggère à son tour la collection singulière d’une forme en fuseau qu’il n’a de cesse de constituer et qu’il nomme « antidictionnaire ».
• Édouard Prulhière
(né en 1965 à Paris où il vit et travaille)


Peinture de château
Peinture acrylique, 2011 (montée de l'escalier, du rez-de-chaussée au premier étage du manoir)
Photos : Claude Doaré
Édouard Prulhière a choisi un espace propre à son geste : le plafond de l’escalier, le mieux à même de recevoir la peinture, qui n’y est pas en l'occurrence déposée mais violemment projetée pour y laisser sa marque, sa trace, son empreinte. Jouant sur l’idée de circulation, dans la montée, les surimpressions de peinture conduisent le regard, passant d’un chaos coloré abstrait et volontiers expressionniste aux dessins de plis presque baroques évoquant les gravures anciennes, les grisailles et les tapisseries jadis présentes dans les châteaux.
••• Et aussi…
• Christophe Cuzin


Le ciel est tout vert
acrylique rouge sur bois vert, 2011
Photos : Claude Doaré
"Couper la végétation perpendiculairement à l'aplomb de la dalle afin de créer virtuellement un parallélépipède de vide." C.C.
• Sylvie Ruaulx


[Ciel et chemise]
peinture à l'huile, coton imprimé, 2011 (chambre de Patrice Ferrasse)
Photos : Claude Doaré
"À l'endroit d'une chute de plâtre apparaît au plafond un bout de ciel. La chemise imprimée du même motif en fait l'écho." S.R.
• Anonyme (Charles Belle ?)


[Hommage à la forme mabillesque]
Dessin à la tondeuse à gazon (parc du manoir)
Photos : Claude Doaré
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